Index Égapro et directive transparence salariale : quelles différences ? [2026]

index egapro

Depuis 2019, les entreprises françaises d’au moins 50 salariés publient chaque année leur Index de l’égalité professionnelle, noté sur 100. La directive européenne sur la transparence salariale arrive par-dessus ce dispositif — et la question revient sans cesse en réunion de CSE : l’Index disparaît-il ? Est-il remplacé ? La réponse est plus nuancée qu’un simple oui ou non.

En bref

  • L’Index Égapro est un dispositif français existant : une note sur 100 publiée chaque année par les entreprises de 50+ salariés.
  • La directive (UE) 2023/970 ne le supprime pas : elle le refond.
  • L’Index actuel (note agrégée) doit laisser place à un système de sept indicateurs distincts alignés sur la directive.
  • La France maintient le seuil de 50 salariés, alors que la directive ne l’impose qu’à partir de 100.
  • La différence de fond : la directive ajoute un droit à l’information, une logique corrective et un rôle renforcé du CSE.

Index Égapro : ce qu’il est aujourd’hui

L’Index de l’égalité professionnelle — souvent appelé « Index Pénicaud » — agrège plusieurs critères (écart de rémunération, écart d’augmentations, retour de congé maternité, plus hautes rémunérations) en une note unique sur 100. Les entreprises de 50 salariés et plus le publient au plus tard le 1er mars de chaque année. La note moyenne nationale tourne autour de 88/100 ces dernières années — un chiffre flatteur que beaucoup d’observateurs jugent trop généreux au regard des écarts réels persistants.

C’est là que le bât blesse : une bonne note à l’Index n’a jamais garanti l’absence d’écart injustifié. La méthode de calcul autorise des compensations entre critères, et l’agrégation masque les situations individuelles. La directive européenne entend précisément corriger ce point aveugle.

Ce que change la directive

La directive ne se contente pas d’ajuster l’Index : elle déplace la logique. On passe d’une note déclarative à un dispositif de transparence active et corrective. Trois apports majeurs. D’abord, un reporting plus détaillé, par catégorie de travailleurs effectuant un travail de valeur égale. Ensuite, un droit individuel : chaque salarié pourra demander le niveau de rémunération moyen, ventilé par sexe, pour sa catégorie de poste. Enfin, un mécanisme contraignant — l’évaluation conjointe — quand un écart supérieur à 5 % n’est pas justifié.

Index Égapro et directive : le comparatif

Critère Index Égapro (actuel) Directive (UE) 2023/970
Format Note unique sur 100 Sept indicateurs distincts
Seuil 50 salariés et plus 100+ (la France maintient 50)
Droit individuel Aucun Droit à l’information salariale
Correction Plan d’action si note < 75 Évaluation conjointe si écart > 5 %
Rôle du CSE Consultatif Pouvoir d’enclenchement formel

L’Index disparaît-il vraiment ?

Non — il mue. Le projet de loi de transposition prévoit de remplacer la note agrégée actuelle par les sept indicateurs de la directive. L’esprit reste le même (mesurer et publier l’égalité salariale), mais l’outil devient plus fin et plus difficile à « optimiser ». Dans l’intervalle, l’Index actuel continue de s’appliquer : pas question de cesser de le publier en attendant la réforme.

Ce que ça change pour le CSE

Le comité passe d’un rôle de lecteur à un rôle d’acteur. Hier, il prenait connaissance d’une note. Demain, il disposera de données détaillées, d’un droit d’alerte formel et de la possibilité d’exiger une analyse approfondie. Cette montée en responsabilité suppose de nouvelles compétences — un enjeu à relier aux missions du CSE et à sa capacité à agir sur l’égalité, dans la continuité de sujets comme la non-discrimination dans l’attribution des avantages. Pour la vue d’ensemble, consultez le guide complet de la transparence salariale pour les CSE.

📎 Source : Directive (UE) 2023/970 — texte officiel (Eur-Lex)

📎 Source : L’égalité professionnelle femmes-hommes — ministère du Travail

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FAQ

L’Index Égapro va-t-il être supprimé ?

Non, il est refondu. La note unique sur 100 doit être remplacée par sept indicateurs distincts alignés sur la directive européenne. En attendant la réforme, l’Index actuel reste obligatoire et doit être publié selon ses règles existantes.

La directive remplace-t-elle l’Index ?

Elle ne le remplace pas brutalement : elle le transforme et l’enrichit. La directive ajoute un droit à l’information des salariés, un reporting plus détaillé et un mécanisme correctif (l’évaluation conjointe) que l’Index ne prévoyait pas.

Quel seuil d’effectif s’applique : 50 ou 100 salariés ?

La directive impose le reporting à partir de 100 salariés, mais la France a fait le choix de maintenir le seuil de 50 salariés, hérité de l’Index égalité professionnelle.

Pourquoi réformer un Index qui affiche de bonnes notes ?

Précisément parce que la note moyenne élevée (autour de 88/100) coexiste avec des écarts réels persistants. La méthode agrégée autorise des compensations qui masquent les situations individuelles ; les sept indicateurs visent une mesure plus fidèle.

Quand le nouvel index entrera-t-il en vigueur ?

La refonte est prévue dans le cadre de la transposition de la directive. Son calendrier précis dépend de l’adoption de la loi française, visée fin 2026, et de ses décrets d’application.